Excusez-moi pour le silence radio des derniers jours mais ne craignez rien je vais quand même prendre le temps de vous raconter nos dernières péripéties.
D’abord, il faut vous dire que notre humeur a été grandement affectée par une immense déception. On avait de grandes attentes concernant la ville de Xiamen. On avait lu à bien des endroits que la tranquilité des lieux nous charmerait et que son aspect européen nous gagnerait. Eh bien, non! Loin de là d’ailleurs. Il est vrai que la ville est différente des autres. La plupart de ses constructions sont faites de pierres blanches ou beiges et les toits des vieilles maisons sont rougeâtres comme dans certains coins de l’Italie ou du sud de la France. Malgré tout, c’est une immense ville à laquelle manque une âme.
On a quand même pris le temps de visiter l’île de Gulanyu qui se baigne dans la mer de Chine. La particularité de cette île est qu’aucune voiture n’a le droit d’y circuler et les seuls véhicules autorisés sont de petites mobilettes électriques. C’est vrai que l’île est agréable à visiter mais elle est extrêmement prisée des touristes. Peu de gens semblent y habiter donc elle semble désincarnée. Son seul véritable avantage est d’être pourvue de quelques plages. Je ne m’étendrai pas trop longtemps sur la qualité de l’eau mais moi qui suis un véritable poisson et qui pourrais passer des heures à patauger, j’ai refusé de m’y baigner le gros orteil! Quant à David, qui est lui aussi un homme-poisson, il s’est aventuré dans la mer mais a catégoriquement refusé de s’y plonger la tête. Disons qu’il y avait beaucoup de…corps étrangers impossible à identifier.
Alors voilà, notre périple à Xiamen s’est terminé en queue de poisson et on a repris le train de nuit pour Guangzhou. Je dois vous dire qu’à ce moment du voyage, on se demande véritablement ce que les gens apprécient tant de la Chine. Bien sûr, on est conscient que notre type de voyage est bien différent de ce que la plupart des touristes voient de la Chine puisqu’ils parcourent ces terres en tours organisés. On sait aussi que le sud de la Chine est particulièrement industrialisé et que le nord conserve encore aujourd’hui les héritages culturels du passé. On se demande quand même où est cette Chine à l’histoire millénaire. En fait, on se demande même si on y restera après notre formation.